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Confinement - le 27/04/2020 @ 15:13

Le confinement dans les textes de l’Ancien Testament

Dans l’AT, le confinement parait être la mesure que doivent prendre les hommes pour être épargnés de la colère divine qui les frappe du fait de leur crime. Nous illustrerons cette conception au moyen de trois exemples tirés de la Genèse, de l’Exode et du livre d’Isaïe.

Le Déluge

Ainsi, dès les premiers chapitres du livre de la Genèse, Noé et sa famille – peu de gens, huit personnes – entrent dans l’arche (Gn 7,7) et seront sauvés. On remarquera que le récit inclut une précision intéressante : « Le Seigneur(lui-même, et non Noé) ferma la porte sur lui (Noé) » (Gn 7,16), et les hommes et les animaux furent confinés. La durée de ce confinement (et non de la chute de la pluie, quarante jours et quarante nuits) varie selon les sources : Dans la LXX,  on trouve une durée de 297 jours, alors que TM propose une durée plus longue, de 307 jours. Le Livre des Antiquités bibliques avance le chiffre de 287 jours[1].

Après ce confinement, Dieu conclut une alliance perpétuelle entre lui et tout être vivant et promet qu’aucune chair ne sera plus exterminée par les eaux du Déluge, et que, d’ailleurs, il n’y aura plus de Déluge. Nous sommes ici en face d’une nouvelle création, avec de nouvelles lois qui s’appliqueront à toute la nouvelle humanité :

« Tant que la terre durera, semailles et moissons, froid et chaleur, été et hiver, jour et nuit, jamais ne cesseront » (Gn 8,22).

La nuit de Pâque, la sortie d’Israël d’Egypte

La veille de la sortie d’Egypte après quatre cent trente ans de captivité, le Seigneur enjoint à la communauté d’Israël « de ne pas franchir la porte de sa maison jusqu’au matin » (Ex 12,22), ce qui empêchera le Destructeur d’entrer dans les maisons et de frapper » les enfants d’Israël. On notera que le confinement est absolu, il est imposé aux indigènes et aux émigrés installés chez eux, formant ensemble la communauté d’Israël[2].

Nous avons ici un confinement imposé par Dieu afin de protéger les enfants d’Israël. La durée du confinement est ici réduite (une nuit). Durant cette nuit qui appartient au Seigneur (12,42), un rituel de célébration est imposé (12,43-49), transformant la fête agraire des pains sans levain en une évocation de la sortie d’Egypte.
 
 
L’Apocalypse d’Isaïe (Es 24-27)

L’Apocalypse d’Isaïe présente une alternance d’annonces de style apocalyptique (ainsi 24,1-23 avec une portée universelle et une évocation du Déluge en 24,18) et de chants de lamentation mais également d’actions de grâce (25,1-27,13).

Le Seigneur dévaste la terre et la ravage, il en disperse les habitants (Es 24,1-23 et plus loin en 26,21) qui ont rompu l’alliance de toujours, l’alliance conclue après le Déluge (Gn 9,16). La cité du néant[3] s’est effondrée (Es 24,10.12). Mais apparaît, en contraste et dans un premier temps, l’image d’une ville forte (26,1), un cantique d’action de grâce avec l’appel à la nation juste :

            « Ouvrez les portes : qu’elle entre la nation juste qui se garde fidèle » (26,2).

Ceux qui y entreront feront confiance au Seigneur, «  le rocher éternel » qui accordera sa protection à la nation juste.

 Plus loin, le peuple que Dieu veut épargner (« mon peuple ») est fermement appelé à rentrer chez soi :

« Va, mon peuple, rentre chez toi, et ferme sur toi les deux battants(ou ta porte). Cache-toi un instant, le temps que passe la colère » (26,20).

Le Seigneur sortira de sa demeure « avec son épée puissante » et détruira les deux monstres, Léviatan le tortueux et le Dragon de la mer, symboles des eaux déchainées, du désordre et du chaos.

On ne peut s’empêcher de voir dans ce passage un parallélisme avec la fin du Déluge[4] . La victoire du Seigneur sur le chaos sera le début d’une création nouvelle.
 
De ces textes, tous d’époque et de forme différentes, on s’abstiendra de faire une lecture par trop littérale. Mais que peut-on en tirer qui nous aiderait à traverser la période actuelle ? Je pense, trois choses : la première, que le retrait physique de la quotidienneté y apparaît comme salvateur, et non comme un emprisonnement subi. La deuxième, que le temps peut être vécu de différentes manières, ainsi les durées du « confinement » dans l’arche variant d’une source à l’autre du fait de traditions orales peut-être différentes. Enfin, et surtout, qu’après l’isolement, intervient une nouvelle ère, une nouvelle création même.  C’est là, peut-être, l’espérance que peuvent nous apporter ces textes.

D. de Heering


[1] Livre des Antiquités bibliques, III, 5-8.
[2] On parlerait aujourd’hui les réfugiés, demandeurs d’asile, que l’on accueillerait chez soi. Remarquons que les étrangers sont exclus de la Pâque ; ce n’est qu’au temps du Troisième Isaïe (période postexilique) qu’ils feront partie de la communauté d’Israël, à condition d’en observer les prescriptions morales et religieuses (cfr Es 56). 
[3] L’auteur utilise ici le mot « tohu », caractérisant l’état de l’univers avant la création (Gn 1,2), le chaos originel (cfr Jr 4,23).
[4] L’invitation à « chanter ce jour-là la Vigne délicieuse dont le Seigneur est le gardien » (27,2-3) nous fera immanquablement penser à Noé qui, à la sortie de l’arche, planta une vigne (Gn 9,20).



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